Le Grand Paris suite

Nous ne publions pas toutes les communications qui nous parviennent spécialement lorsqu’elles comportent un aspect injurieux ou excessivement polémique. En revanche il nous arrive de publier intégralement, hors rubriques  commentaires, des contributions de qualité qui apportent au débat.

c’est le cas de celle que nous publions ci-dessous :

« Vous posez de bonnes questions. Effectivement, ce bouleversement de la donne intercommunale et le renforcement du Grand Paris pose la question de Sannois par rapport à son territoire environnant.
Déjà, nous avions dû attendre le dernier moment pour rejoindre une intercommunalité, et encore, à marche forcée (pauvre Préfet de l’époque.. qui s’arrachait les cheveux face à ce puzzle infernal et les inimitiés entre villes….)… parce que – ce sont les mots de l’ancien maire – « la mariée n’était pas assez belle » pour faire envie aux intercommunalités susceptibles de nous accueillir.
Aujourd’hui, nous sommes finalement dans l’agglo du Parisis.
Et tant mieux pour Argenteuil, réjouissons-nous pour notre grande voisine pour qui cela constitue une véritable opportunité. Argenteuil a de la chance de rejoindre le Grand Paris, cela ne pourra que lui profiter économiquement et créer localement de l’emploi.

Reste, comme je l’ai déjà dit à d’autres élus municipaux ou départementaux, que pour Sannois, il faudrait avoir une vision prospective du territoire dans lequel notre cité devrait s’inscrire, réfléchir à ce que deviendra Sannois (et son bassin de vie, économique environnant) non pas dans 5 ans, mais dans 10 ans, 20 ans même, en essayant d’anticiper ce qui serait positif (ou préjudiciable) pour la ville et comment nous appréhenderons le changement.

Serons-nous effectivement une simple « zone grise », en marge du Grand Paris, ce véritable monstre inter-urbain qui accaparera financements et infrastructures de qualité et ne laissera que des miettes aux territoires situés au-delà de la ligne ?
Pourrons-nous bénéficier, de manière indirecte, de la manne du Grand Paris et des dynamiques de développement qui s’installeront forcément entre Argenteuil et la Capitale ?
Est-ce que cette nouvelle organisation ne viendra pas encore renforcer un peu plus le caractère « ville dortoir » de Sannois en réservant et concentrant tous les emplois plus au sud, à Argenteuil et au-delà, comme c’est déjà énormément le cas ?
Par le passé, la frontière sociologique et économique fut pendant longtemps le périphérique parisien (anciennement les boulevards… et encore avant, les fortifs). Demain, ce seront les frontières du Grand Paris qui marqueront l’In et l’Out en Ile-de-France.
Cette « nouvelle frontière » passera à la lisière de Sannois.

Car pas de chance, Sannois est tombée du mauvais côté de la barrière.

Sannois hors barrière ? Encore ? De nouveau hors barrière, mais cette fois c’est la ville dans sa totalité qui sera hors barrière… Malédiction ?

Mais si pour changer, pour affronter ce défi et arrêter d’avoir forcément peur du changement, l’on pensait notre territoire autrement, de manière dynamique, non plus appréhendé comme un lieu statique, une surface inerte (tourné vers lui même comme le village d’Asterix ?) mais comme le réceptacle de flux de toutes sortes, comme un lieu passerelle, une aire traversée, un « centre » de mobilités diverses, d’échanges entre activités, entreprises, voyageurs, entre offres et demandes, pour, par exemple, jouer un rôle d’interface entre ce Grand Paris qui se consolide et le reste du Val d’Oise ? (qui a plein de choses à proposer et offrir et ne doit surtout pas être marginalisé par la nouvelle donne territoriale).
Le Conseil général se bat d’ailleurs pour les Sannoisiens pour que justement, le Val d’Oise ne soit pas le parent pauvre de la réorganisation territoriale, que le département ne soit pas le sinistre cocu de cette histoire.
Et si de ce handicap apparent de Sannois (être du mauvais côté), nous faisions finalement un atout économique ?
Et si dans ce futur schéma qui se dessine, Sannois disposait de certains atouts et qu’il ne tenait qu’à nous de les faire fructifier, de valoriser ce qui, peut-être, constituera demain une chance pour notre ville ?

Mais pour cela, pour jouer cette partie, il faudrait évidemment changer de logiciel et abandonner nos idées reçues, nos schémas anciens, notre vieille façon de penser héritée du 20ème siècle et avoir le goût de l’avenir et de l’innovation, oser le changement en voyant demain comme une chance et non forcément comme une menace. En cette période de repli sur soi, ce n’est pas gagné !
Il n’est pas donné à tout le monde de comprendre le monde qui change et d’anticiper sur la ville de demain. Il faut pour cela essayer de lever le nez vers le ciel, regarder ses voisins et franchir le pâté de maison. Être curieux aussi. Et puis oser….
Certains élus s’y risquent et font le pari d’un monde qui change en étant à l’écoute de leur époque, des nouveaux courants, des nouvelles idées, des envies et de l’énergie d’une jeunesse hélas sacrifiée ou des mutations de l’Ile-de-France qui redessinent notre cadre de vie.
D’autres non.
L’avenir nous dira dans quelle direction Sannois voudra se tourner. »

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